| |
Un trip noir et intense
Gaspard
Noé, réalisateur atypique
du cinéma français (Carne, seul
contre tous) a pour habitude de promener son
regard cru sur les comportements cruels du
genre humain. C'est une certitude, Irréversible
marquera un point d'orgue dans son oeuvre
!
Si vous n'avez pas encore vu le film, zappez
cette page car nos lèvres brulent de
vous racontez cette expérience traumatisante,
dont nous portons encore les stigmates 24
heures aprés absorbsion...
On connaît le sujet, le scandale précède
le film.
Nous pensions, blasés, avoir tout vu,
tout vécu, en matière de sensations
fortes dans une salle de cinéma...
Et pourtant..
.
Dés le début du film, la caméra
virevolte dans les bas fonds d'un sordide
club SM à la recherche d'un homme.
La musique de Thomas Bangalter (Daft
Punk)est répétitive, malsaine
et hypnotique. Le cauchemar s'installe, les
tripes se serrent. Les scènes suivantes
se suivent et obéissent à un
mécanisme astucieux : le déroulement
inverse de la chronologie. Le générique
de fin étant placé au début
du film et ainsi de suite.
La première partie du film est la plus
éprouvante. On assiste, à des
plans-séquence d'une cruauté
implacable, culpabilsant même de tant
de passivité lors de la scène
de viol terriblement longue... trop longue.
Dans la deuxième, plus romantique,
la perversité réside dans une
multitude de détails communs aux deux
parties, qui vous ramène inéxorablement
vers le cauchemar des 40 premières
minutes.
Le film livre un récit à interprétations
multiples où chaque spectateur aura
à coeur d'en trouver les clés
:
La vie, la mort, le destin, les actes et leurs
conséquences.
Les dialogues (donnés aux acteurs le
jour du tournage), accentuent le réalisme
du film et sont interprétés
avec une rare justesse par un Vincent Cassel
parfaitement crédible et un étonnant
Albert Dupontel.
Une expérience traumatisante, une de
celles qui fait aussi comprendre que le hasard
fait parfois trés mal les choses.
Il ne faudra pas venir vous plaindre si la
baffe est trop forte, on vous aura prévenus.

Des sensations inédites
Il y a du cinéma fait pour rêver,
pour rire, pour pleurer, pour s'émouvoir
.
Il y a aussi le cinéma qui remue les
tripes, des films qui ne peuvent laisser indifférent,
des séances dont on ne sort pas détendus
avec l'envie de prolonger la soirée...
Le débat qui consiste à savoir
si ce second style mérite ou pas d'être
à l'affiche fait intervenir les goûts
personnels, les opinions individuelles et
au bout du compte ce que chacun d'entre nous
veut bien mettre derrière le terme
" 7ème art "
Exutoire ou catalyseur de violence ? Je ne
suis pas certain que ce soit un film recommandable.
Ce dont je suis sûr en revanche c'est
qu'il s'agit d'une expérience unique
qui doit être vécu par les cinéphiles
les plus aguérris.
Sa diffusion déclenche vertige, nausées
et mal être général.
Combien de fois allez vous détourner
la tête de l'écran pour ne pas
voir cette réalité trop crue,
trop dure...
Jusqu'à hier, je ne l'avais jamais
encore fait !!!
DENIS ARONDEAU
Correspondant de l'angoisse pour Projetx.net
;-)
|