
A notre humble avis |
| de
petits rats des salles obscures . . . |
Il était difficile d'imaginer Adam Sandler,
l'idole du rire débile outre-atlantique
devant la caméra de Paul Thomas Anderson,
réalisateur décalé de Magnolia
et Boogie Night.
Pour ce rôle écrit à son
attention, Sandler a laissé tomber ses
blagues potaches et ses mimiques d'adolescent
débile pour camper Barry ; Personnage
affublé d'un costume bleu électrique
(sans savoir pourquoi !) maîtrisant parfaitement
le fonctionnement de la société
dans laquelle il évolue, (il est même
assez habile pour profiter de certaine failles*)
mais totalement perturbé quant à
ses relations avec les autres..
Son interprétation teintée de
paranoïa, d'angoisse et de tendresse révèle
totalement le comédien qui, à
l'instar de Jim Carrey, tient peut être
là son "Truman Show"
Les second rôles ne sont pas en reste
avec un habitué du cinéma d'Anderson,
Philippe Seymour Hoffmann, dont ceux qui auront
la chance de voir le film en V.O pourront apprécier
la puissante voix lors d'un mémorable
appel téléphonique. Luiz Guzman
en employé à la moue dubitative
et accessoirement maladroit et enfin Emily Watson,
lumineuse dans les trop rares scènes
que lui réserve le film.
La musique est omniprésente que ce soit
sous forme de percussions qui rythme habilement
les montées d'adrénaline du héros
ou d'étranges mélodies aussi incompréhensibles
que les évènements qui rythme
le film. Une voiture percute une trottoir, un
piano est mystérieusement abandonné
sur le bord de la route... Autant d'énigmes
laissées par Anderson qui ne sont pas
sans rappeler l'univers de David Lynch, dont
l'ombre plane sur la scène d'introduction
du film.
Il ne s'agit pas d'une love story ni rien de
ce genre. L'histoire des deux tourtereaux se
déroule, ponctuée d'évènements
troublants cassant la normalité dans
lequel le film voudrait bien s'installer.
De l'étrange, du rêve, de l'amour
et une coupe de pudding "Healthy choice"
sur le tapis de dollars d'Adam Sandler.
PeeWee "Homme-Matelas"
P-S : Merci au couple d'imbéciles
qui ont ricanné bêtement lorsque
Barry fondait en larmes et qui ont quitté
"bruyamment" la salle aprés
30 mn de film...
A la séance du matin,
David Lynch est resté jusquau bout
du générique de fin.Seul, ou presque,
dans la salle abandonnée. On peut supposer
que cest bon signe pour Paul Thomas Anderson
et son formidable acteur Adam Sandler
qui aborde ici un virage à 180°
avec une remarquable maîtrise. Limagination
au pouvoir, serait-ce tout de même pour
bientôt ?
Par Philippe Lagouche - journal
"La voix du nord" - Edition du
festival de Cannes 2002
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